Jean-Baptiste Isabey (1767-1855) - portraitiste de l’Europe

Du 19 octobre 2005 au 09 janvier 2006.

Musée du château de Malmaison

Jean-Baptiste Isabey (1767-1855)

Réputé comme le miniaturiste de la cour de Napoléon, Jean-Baptiste Isabey (1767-1855) fut un artiste exceptionnellement doué dont les multiples talents n’avaient pas encore fait l’objet d’une grande exposition.

Peintre sur ivoire ou sur émail, Isabey exécuta également de grands portraits à l’huile et au pastel que l’exposition confronte aux miniatures des collections publiques et privées. On peut admirer la précision des grandes scènes historiques dessinées par Isabey, témoin privilégié de plus de soixante ans de l’histoire de l’Europe. Il faut noter qu’Isabey fut aussi décorateur (notamment à Sèvres et à l’Opéra de Paris) et illustrateur dans le goût des Voyages pittoresques.

Alors que le congrès de Vienne défilait dans l’atelier d’Isabey, qui aurait pu se douter que la vie de l’artiste avait commencé dans une épicerie de Nancy, Talleyrand l’avait chargé d’exécuter une conversation piece des ministres remodelant l’Europe. Surchargé de commandes, le portraitiste se déplaçait seulement pour les Impératrices ; les autres souverains venaient gratter à sa porte, selon l’usage du temps.

La situation d’Isabey était paradoxale : il avait associé sa réputation naissante à celle de Bonaparte. Compagnon de jeu des Beauharnais à Malmaison, il était devenu une sorte de maître de cérémonie aux Tuileries. Il avait notamment participé à la mise en scène du sacre comme en témoigne un beau recueil d’estampes qui complète le grand tableau de David conservé au Louvre.

Aux yeux de l’Europe, Isabey représentait l’excellence de l’école française de miniaturistes. Il tenait sa renommée d’admirables ivoires peints à la gouache, généralement entourés de cadres précieux ou sertis dans des boîtes d’or. Cependant, à partir de 1811 environ, il abandonna le support d’ivoire au profit du « papier-vélin », propice au traitement de l’aquarelle et à de beaux effets de ciel. Emergeant de nuages dignes de Raphaël, les modèles d’Isabey devaient une éternelle jeunesse aux gazes tourbillonnant autour de leurs visages.

La renommée, souvent mesquine, reprocha à Isabey de s’être complaisamment accommodé de tous les régimes politiques de la France, entre 1789 et 1855, date de sa mort. A ceux qui lui en faisaient grief, Isabey répondait qu’ayant beaucoup fréquenté les Tuileries, il n’y avait certes pas vu les mêmes personnes, mais toujours les mêmes familles... !

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