Portant sur la peinture et la sculpture italiennes durant la première moitié du XXe siècle, l’exposition Italia Nova permet de découvrir ou redécouvrir tout un pan (encore largement méconnu en France) de l’art européen de cette époque.
On peut noter que cette exposition vient à son heure, après Mélancolie. Génie et folie en Occident, où les visiteurs pouvaient admirer deux œuvres de De Chirico et une de Sironi, et au moment où l’on célèbre le centenaire de la mort de Cézanne, qui eut une si grande importance pour de nombreux artistes des avant-gardes italiennes (De Chirico et Morandi notamment).
Les quelque cent vingt œuvres présentées mettent en lumière tous les courants artistiques italiens les plus significatifs : le Futurisme, la Peinture métaphysique, le Réalisme magique et le mouvement Novecento, ainsi que les créations plus conceptuelles des années 50. A côté d’œuvres célèbres de De Chirico, Morandi, Fontana ou Burri, le visiteur peut admirer des tableaux et des sculptures d’artistes beaucoup plus rarement exposés en France : Balla, Boccioni, Carrà, Casorati, Campigli, Depero, Martini, Prampolini, Severini, Sironi, Savinio, … Un hommage particulier est rendu à Morandi.
Au cours de la première moitié du XXe siècle, l’Italie joue un rôle éminent dans la vie artistique européenne, grâce au caractère très novateur du Futurisme, mais aussi par ce qu’il va apporter d’absolument original à la redécouverte de cette « mesure classique » qui va avoir lieu un peu partout en Europe après les expérimentations des premières avant-gardes historiques.
L’exposition confronte et interroge les deux points extrêmes des recherches artistiques poursuivies alors en Italie : d’une part, le rejet de la tradition par les futuristes; d’autre part, le retour à certaines formes classiques.
L’exposition s’ouvre sur un tableau de Balla de 1904, Elisa à la porte : la jeune femme invite à entrer dans le siècle nouveau … La modernité de cette œuvre marque déjà, dans son audacieuse découpe photographique, le dépassement du réalisme et du symbolisme qui dominent les arts en Italie à la fin du XIXe siècle. Dans la même salle, un tableau peint en 1909 par Boccioni,Usines à Porta Romana, témoigne d’un esprit nouveau, qui anticipe de quelques mois les théories du Futurisme (le Manifeste des Peintres futuristes date du 11 février 1910) et synthétise les aspirations qui animent alors les peintres italiens de la nouvelle génération. Il s’agit pour eux de rompre avec la tradition picturale de la fin du XIXe siècle et de faire apparaître une modernité entendue d’abord comme changement et innovation.