La forêt de Fontainebleau -Un atelier grandeur nature - de Corot à Picasso

Du 06 mars 2007 au 13 mai 2007.

Musée d'Orsay., Paris

Site de l'exposition

La forêt de Fontainebleau

La forêt de Fontainebleau tient une place essentielle dans l’histoire de l’art du XIXe siècle. Dès la fin du XVIIIe siècle, on pouvait y rencontrer Bruandet, pionnier de la peinture «d’après nature» qu’allaient expérimenter en ce même lieu, quelques années plus tard Bidauld, Aligny, Desgoffe, Brascassat, et surtout Corot, de retour de Rome ou sur le chemin de l’Italie. En 1833, Théodore Rousseau s’installe à Barbizon et s’enfouit littéralement dans cette forêt où il avait fait ses premières études dès 1829. Il y dessine, ébauche, peint, « fouille le visible », entraînant à sa suite Diaz, Troyon, Dupré, Charles Jacque, Millet – toute une génération qui allait transformer radicalement l’art du paysage. Ils y traquaient le motif : arbres, rochers, sables et paludes, choisis dans un répertoire relativement circonscrit de sites, ceux que le tourisme naissant identifiait alors, classait, étoilait. Ils furent bientôt rejoints par les pionniers de la photographie, Le Gray, Cuvelier, Balagny, en quête d’un studio en plein air.

Aux alentours de 1860, Charles Gleyre y envoya ses élèves faire leurs premières gammes : Renoir, Sisley, Bazille accompagné de Monet qui y élaborait ce qui devait être le manifeste de la vie moderne, Le Déjeuner sur l’herbe. Les artistes étrangers en faisaient une étape obligée de leur tour de France ou d’Europe ; bref, la forêt de Fontainebleau, découverte par les écrivains romantiques dans les années vingt du XIXe siècle, était à la mode et, pour les peintres, elle constituait un magnifique atelier grandeur nature, que fréquenteraient encore Redon, Seurat, Derain, et Picasso en 1921.

Mais pourquoi tant de popularité, et sur une si longue durée ? La réponse à cette question peut se résumer en une phrase : la forêt de Fontainebleau, par la variété de ses paysages, qui permettent de passer en peu de pas d’une sombre futaie à la clarté aveuglante des sables, des gorges et des roches inquiétantes au spectacle paisible d’une mare argentée résume toutes les forêts, « les forêts du rêve et de la vie. Toutes ». Rien d’étonnant à ce qu’elle ait nourri l’imagination de tant d’artistes, pour qui elle fut la Gaule, l’Alsace, la Bohême ou encore la Judée ou la Pampa. Ce « résumé de tous les sites possibles » devait permettre au
cinématographe naissant, dont l’esthétique participe largement de celle de la peinture d’histoire, d’y filmer aussi bien la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ que La Guerre du feu, Quatre- Vingt-Treize, Guillaume Tell ou encore les rêves de L’Inhumaine.

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