Exposition Marie-Antoinette

Du 15 mars 2008 au 30 juin 2008.

Galeries nationales du Grand-Palais, Paris

Une exposition événement !

Marie-Antoinette a toujours fait l’objet d’interprétations et de représentations fantasmées. « Personnage » historique, son portrait a souvent été brossé de façon caricaturale. Du Palais de Schönbrunn à Versailles, de Trianon à la Conciergerie, l’exposition éclaire sous un nouveau jour cette personnalité contrastée et fascinante, à travers 300 œuvres venues de toutes l’Europe.

Née en 1755, Marie-Antoinette n’était pas destinée à régner, mais les hasards de la politique européenne en décideront autrement. La petite archiduchesse d’Autriche épouse l’héritier de la couronne de France le 16 mai 1770. Lorsqu’elle arrive à Versailles, la jeune fille a reçu une éducation artistique soignée : elle dessine, joue sur scène, chante et danse. Dans le « cocon » de la famille impériale, son goût s’est formé, suivant l’exemple de sa mère, au milieu des laques orientales, de la porcelaine asiatique et française, des objets montés, des collections de vases de pierres dures…

À Versailles, la dauphine Marie-Antoinette est adulée. On célèbre sa beauté et sa vivacité. Devenue reine, l’intérêt porté à sa personne et à ses goûts s’exacerbe. Chaque événement de sa vie est accompagné d’abondantes représentations : cérémonie et festivités du mariage ; naissances et réjouissances publiques… Jusqu’à la Révolution, Louis XVI et ses ministres la privent de toute ambition politique, c’est à travers les arts de son temps qu’elle s’impose. Attentive aux modes et aux idées nouvelles, soucieuse d’échapper à « l’étiquette », la jeune reine s’invente un cadre de vie raffiné à l’extrême. Elle évolue dans ses choix artistiques, décoratifs et musicaux. Première « mécène » du royaume, elle suscite le développement d’un style qui demeure aujourd’hui associé à son nom.

Dans un contexte social et politique changeant, le besoin de liberté de la reine, son désir d’échapper à la cour en préférant des cercles choisis, sa prodigalité, qui lui valut notamment la déconsidération publique lors de l’affaire du Collier, provoquent l’hostilité des esprits. Face à une opinion publique toujours moins favorable, l’administration royale tente de donner de la souveraine une image protectrice au travers de grandes effigies que le public découvre à l’occasion des Salons. Court-circuitées par une production croissante de pamphlets et d’estampes satiriques, ces images ne sont pas comprises. L’ « Autrichienne », recluse dans son « Petit Vienne », le petit Trianon, incarne dès lors la cause de tous les maux.

Après son départ de Versailles en octobre 1789, le couple royal ne paraît pas comprendre le sens des événements. Sans modifier son rythme de vie, ballotté au gré des intérêts politiques, maladroit dans ses tentatives de conciliation ou de fuite, il cristallise les haines. De l’exécution du roi à son propre échafaud, Marie-Antoinette traverse des heures sombres qui feront naître son mythe.

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