L’ambition de cette exposition est de retracer l’importance historique et culturelle de l’antique Babylone, tout en montrant comment le concept ultérieur d’une Babylone légendaire prend son origine dans la réalité.
Le sujet comme tel n’a jamais fait l’objet d’une exposition. Babylone sera en effet envisagée non seulement dans son aspect mythique et symbolique, à travers les traditions contemporaines ou ultérieures qui lui sont attachées, mais également dans son aspect historique (l’histoire, l’architecture et le décor de la ville, la culture babylonienne, son rayonnement et son héritage, la redécouverte de Babylone par les fouilles archéologiques).
Les périodes évoquées s’étendent par conséquent de la fin du troisième millénaire avant J.-C., date des premières mentions de Babylone dans les textes, jusqu’à l’époque moderne.
La puissance évocatrice du nom de Babylone n’a jamais faibli au cours de l’histoire. Nulle cité au monde ne fut davantage enviée et crainte, admirée et honnie. Parée de tous les attributs, des plus prestigieux aux plus vils, Babylone est pourtant bien plus qu’un mythe.
Rassemblant pour la première fois près de 400 oeuvres d’une grande diversité, issues des collections de 13 pays, cette exposition souhaite réconcilier l’histoire et la légende de Babylone.
Se déployant sur cinq millénaires (de la fin du IIIe millénaire avant J.-C. au début du XXe siècle), elle évoque tout à la fois l’importance historique et culturelle de la ville antique et la manière dont à partir de cette réalité s’est cristallisée ultérieurement l’image d’une Babylone de légende.
A ce jour, aucune exposition n’a jamais été consacrée à Babylone : si quelques-unes se référaient à la tour de Babel, aucune n’a eu pour but propre de ressusciter la ville historique de Babylone, ni de faire connaître la véritable civilisation babylonienne qui rayonna sur tout le Proche-Orient antique.
Le public français découvre donc la première étude approfondie tentant de reconstituer l’histoire autant que l’aspect architectural et le décor de la ville antique.
Par ailleurs, les traditions légendaires et symboliques concernant Babylone n’ont jamais été présentées d’un point de vue historique, c’est-à-dire en remontant aux faits réels qui les ont engendrées.
La conception de cette grande exposition appréhendant « Babylone » comme une unité historique est donc l’aboutissement d’une recherche consistant à rassembler les données de l’archéologie et les sources textuelles livrées par les fouilles, mais également le résultat d’études sur les traditions postérieures, pour certaines mal connues.
Le musée du Louvre entend ainsi donner la mesure de l’héritage culturel de Babylone, dans les civilisations qui lui sont contemporaines et dans les civilisations postérieures, et lui rendre sa juste place dans les racines de la culture occidentale.
Bénéficiant de prêts exceptionnels, en quantité et en qualité, en particulier des musées allemands et britanniques, l’exposition permet également de découvrir des oeuvres, des manuscrits entre autres, encore jamais montrées en France.