Van Gogh et Monticelli

Du 16 septembre 2008 au 11 janvier 2009.

Centre de la vieille charité, Marseille

Je suis sûr que je continue son œuvre, ici, comme si j’étais son fils ou son frère, [...] reprenant la même cause, continuant la même œuvre, vivant la même vie, mourant la même mort.
Vincent Van Gogh (1853-1890) à propos d’Adolphe Monticelli (1824-1886), (The Complete Letters of Vincent Van Gogh, Greenwich, 1958, III, 446, n°W.8.)

Etre Monticelli, ou rien… aurait sans doute pu dire Van Gogh qui tout juste arrivé à Paris en 1886, découvre et s’approprie l’œuvre du Provençal, ce « broyeur de fleurs » cher à Robert de Montesquiou.
Le rapprochement formel entre Van Gogh et Monticelli sera pour beaucoup une découverte. Pourtant, accrochés côte à côte, portraits, bouquets ou paysages imposent l’affinité revendiquée du jeune Hollandais pour le maître vieillissant, qu’il n’eut pas le temps de rencontrer.

Remarquable coloriste longtemps apprécié Outre-Manche et Outre-Atlantique pour ses Fêtes Galantes des années 1860, Monticelli appréhende à la fin de sa vie une nouvelle manière puissante et expressive. Sa traduction de la lumière du Midi, en plein jaune orangé, en plein soufre, selon l’expression même de Van Gogh, jouera un rôle important dans son désir de venir découvrir la Provence. Il adopte un même choix de sujets, le partage d’une touche vigoureuse, la puissance des empâtements, les audaces de la palette, le traitement de la lumière et revendique une capacité commune à transposer émotions et états d’âme par la forme et la couleur...

Vincent admire le peintre et se reconnaît dans l’homme : [...] Quand mon ami Gauguin sera ici et lorsque nous irons à Marseille, ma ferme intention est d’aller me promener sur la Canebière, habillé exactement comme Monticelli dans le portrait que j’ai vu de lui, avec un énorme chapeau jaune, une jaquette de velours noir, des pantalons blancs, des gants jaunes, une canne de bambou et un grand air méridional... (The Complete Letters of Vincent Van Gogh, Greenwich, 1958, III, 446, n°W.8.)

Parallèlement il acquiert avec son frère Théo, marchand d’art chez Goupil et, comme lui, collectionneur, des toiles de Monticelli dont certaines participent à l’exposition, et le convainc de publier en son honneur un livre qui verra le jour en 1890.

Au Centre de la Vieille Charité à Marseille, la passionnante mise en regard d’une soixantaine d’œuvres venues de l’Europe entière ainsi que des Etats-Unis, permettra de comprendre comment l’œuvre tardif de l’ombrageux Marseillais, apprécié de la bourgeoisie locale et des commerçants prospères mais aussi de Ziem, Guigou et Cézanne, a pu façonner à son insu le génie de l’un des peintres les plus célèbres au monde.

L’exposition Van Gogh - Monticelli est organisée par la Ville de Marseille/Centre de la Vieille Charité, Marseille et la Réunion des musées nationaux.
Elle a reçu un soutien exceptionnel du musée d’Orsay.

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