Sexe, mort et sacrifice dans la religion mochica

Du 09 mars 2010 au 23 mai 2010.

musée du quai Branly

Site de l'exposition

L’exposition Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica rassemble, pour la première fois en Europe, 134 céramiques mochica montrant avec un réalisme surprenant des actes sexuels ou sacrificiels. Ces poteries nous racontent le lien que le peuple mochica établissait entre la religion, le pouvoir, la sexualité et la mort.

Cette iconographie religieuse, surprenante rencontre de l’acte sexuel et du sacré, est unique dans l’art précolombien et propre à la mythologie mochica.

Elle figure des actes sacrificiels, mais surtout sexuels entre animaux et/ou personnages anthropomorphes.

Les artisans mochica ont pétri dans leurs poteries ces rites non reproducteurs, faisant des attributs sexuels stylisés les thèmes centraux d’une iconographie à fonction rituelle dont l’audace est à la hauteur de la force de leurs croyances.
Steve Bourget propose des clés d’interprétation de cette imagerie sexuelle qui n’est pas liée à la vie quotidienne des Moche, mais renvoie à une idéologie politique et religieuse caractéristique de leur société. Cette idéologie est habitée par le souci d’assurer, par la reproduction de l’autorité gouvernante, la propre continuité de la société, et d’une manière générale celle de l’univers.

Décrypter les rites d'une civilisation méconnue

Cette civilisation précolombienne de premier plan, contemporaine de la culture nazca de la côte sud, se situe au rang des plus grandes cultures indigènes des Andes, au même titre que l’empire inca qu’elle précède de plus de cinq siècles. Elle s’est développée du Ier siècle au VIIe siècle de notre ère dans une zone aride du nord du Pérou. Des sites funéraires imposants (tels celui du « Seigneur de Sipan », exhumé en 1987), et les huacas (immenses sites cérémoniels de forme pyramidale), ont permis d’approfondir les connaissances sur cette civilisation grâce aux nombreux témoignages exhumés des sépultures et aux peintures murales qui ornent les monuments funéraires.

L’exposition invite à découvrir cette civilisation précolombienne par le prisme de sa mythologie unique qui, en l’absence d’écriture, nous est transmise par une imagerie propre qui témoigne de la surprenante rencontre du sacré, de l’acte sexuel et de la mort.

Il est important de comprendre que les images sexuelles figurant sur les céramiques mochica ne sont pas des illustrations de la vie quotidienne de la société Moche. Aussi, leur interprétation ne peut se baser sur les idées et valeurs de notre propre société : leur message doit être déchiffré à partir d’une reconstruction du contexte particulier du monde des Moche, que propose cette exposition.

En mettant particulièrement l’accent sur la production céramique, facette de l’artisanat Mochica particulièrement riche et connue pour son abondance et son réalisme, l’archéologue Steve Bourget révèle le résultat des recherches qu’il a effectuées en étudiant de manière systématique l’ensemble de l’iconographie Moche.

Toutefois, les interprétations présentées dans l’exposition sont nécessairement spéculatives, compte tenu du caractère lacunaire des sources archéologiques relatives à cette civilisation.

L’exposition s’appuie librement sur l’ouvrage publié par Steve Bourget, en 2006 : Sex, Death and Sacrifice in Moche Religion and Visual Culture.

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