Première exposition en France évoquant Marie-Louise, Impératrice des Français, elle entend célébrer le bicentenaire du deuxième mariage de Napoléon Ier avec la jeune archiduchesse d’Autriche petite-nièce de Marie-Antoinette. Elle relate l'arrivée romanesque de la nouvelle Impératrice au Palais de Compiègne, les fastes des cérémonies parisiennes du mariage et la lune de miel compiégnoise qui suivit. Plus de 200 oeuvres, cadeaux de mariage, commandes pour le trousseau de la souveraine et pièces de mobilier, ont été rassemblés : peintures, dessins, estampes, sculptures, objets d’art, costumes, soieries et bijoux... L’exposition a bénéficié de prêts exceptionnels nationaux (Louvre, Versailles, Fontainebleau, Fondations Napoléon et Thiers...) et internationaux (Italie, Suisse, Allemagne...).
C’est au Palais de Compiègne que Napoléon Ier choisit d’accueillir sa seconde épouse, comme Marie-
Antoinette l’avait été en 1770 par Louis XV et le dauphin, le futur Louis XVI. L’événement se déroule le 27 mars 1810 et, sur ordre de l’Empereur dont l’impatience bouscule le protocole, la rencontre officielle prévue à Soissons est annulée. L’exposition s’attache à montrer les somptueux aménagements du palais et du parc avant 1810 : commencés depuis 1807 sous la direction de l’architecte Louis-Martin Berthault, les travaux sont accélérés pour la venue de l’archiduchesse. De grands portraits des dignitaires de l’Empire sont présentés dans la nouvelle Galerie des Ministres (Prud’hon, Fabre, Lefèvre...), des toiles de grands maîtres de toutes écoles (Le Dominiquin, Patel, Flinck...) constituent la nouvelle Galerie des Tableaux de l’Impératrice et les célèbres marbres de Canova, sur le thème de Psyché et l’Amour, dont la version debout est exceptionnellement prêtée par le Louvre, furent placés à l’entrée des appartements impériaux. L’ameublement, réalisé par les ébénistes Jacob-Desmalter et Marcion, ainsi que les envois de porcelaines de Sèvres, illustrent l’un des plus hauts moments des arts décoratifs à l’apogée du style Empire. Les fastes des cérémonies des mariages civil et religieux au Palais de Saint-Cloud puis au Salon carré du Louvre ainsi que les fêtes parisiennes organisées jusqu’au 1er juillet 1810, à l’image d’un Empereur au faîte de sa puissance, ont suscité une abondante iconographie (peinture de Rouget inspirée du Sacre de David, dessins de Zix et de Prud’hon, portraits par Gérard, Isabey...). Après les cérémonies de mariage, le séjour compiégnois se prolonge jusqu’à la fin du mois d’avril. Pendant un mois d’état de grâce, Marie-Louise impose à l’Empereur le rythme d'une vie paisible, lui faisant découvrir son goût pour les arts, la peinture, la musique et la broderie, tou en partageant avec lui les attraits de la chasse, évoquée par le grand papier peint des Chasses de Compiègne (musée de la chasse et de la nature, Paris). Napoléon Ier, très attentionné, est en permanence aux côtés de la jeune femme ; bien qu’intimidée, elle est séduite d'emblée par celui qu'on lui a pourtant décrit depuis toujours comme le « monstre
corsicain ». Des oeuvres dont beaucoup sont inédites, notamment le mobilier livré et commandé
spécialement pour Marie-Louise (métier à broder, chevalet, bibliothèques de Jacob-Desmalter,
toilette de Marcion...) ou des objets de son quotidien (nécessaire à broder, pharmacie de
voyage, livres à ses armes, lettres inédites...) parlent de cet accueil exceptionnel.
Enfin, le Salon de 1810, qui constitue l’élément majeur et artistique de l’année, est évoqué
dans l’exposition par un choix significatif de peintures (Aurore et Céphale de Guérin,
Allégorie de la France de Franque, Napoléon et ses neveux par Ducis, L’Arrivée du couple
impérial à Anvers par Crépin...), et de sculptures (Chaudet, Chinard, Moutoni...) illustrant
les fastes de la nation.
Au-delà de la portée politique de cette union dynastique par laquelle l’Empereur, en quête de
légitimité, se crée des ancêtres, cette alliance avec la plus ancienne famille impériale
régnante d’Europe est aussi perçue comme un acte politique de réconciliation, en expiation du
crime commis sur Marie-Antoinette. Elle s’inscrit dans une période de paix de courte durée
favorable aux commandes artistiques. La consolidation de l’Empire, à son apogée territoriale,
s’incarne enfin avec la naissance du Roi de Rome en mars 1811, moins d’un an après le mariage
illustré par le Portrait de l’impératrice Marie-Louise présentant le roi de Rome, par François
Gérard, sur lequel se termine l’exposition.