Au cœur de l’Europe. Si elle est géographiquement proche de l’Union européenne, dont elle est membre depuis le 1er mai 2004, la Slovaquie semble encore lointaine pour beaucoup. Pourtant, sa capitale, Bratislava, n’est située qu’à 60 km de Vienne, et le pays compte comme voisins la Pologne ou l’Ukraine.
Un âge d’or. Au XVe siècle, la Slovaquie est une province du royaume de Hongrie, intégrée au puissant empire des Habsbourg. Elle connaît alors une prospérité sans précédent, liée à l’essor des comptoirs marchands et au développement des mines de métaux précieux. Sous les pressions ottomanes à l’est du royaume de Hongrie, Presbourg, l’actuelle Bratislava, devient le lieu de repli du pouvoir, puis capitale et ville de couronnement des souverains. À la faveur de cet environnement économique et politique favorable, l’art connaît en Slovaquie un véritable apogée, marqué par des créations originales de premier plan.
L’art des retables. Au cœur de l’exposition, le visiteur découvre l’une des productions les plus représentatives de cet art à travers les éléments de retables sculptés et peints. Ces ensembles, pour la plupart encore en place au sein des églises slovaques, frappent par leurs structures architecturales complexes, l’opulence de leur décor et leurs dimensions exceptionnelles. En effet, statues et panneaux peints issus de ces retables sont bien souvent plus grands que nature. L’échelle de la Vierge d’Annonciation provenant de Velký Biel ou du relief de la Nativité (Galerie nationale slovaque) surprend ainsi par rapport aux proportions habituelles de ce type d’œuvres.
L’excellent état de conservation de ces pièces permet d’apprécier l’intensité des expressions et le traitement subtil des figures. La plupart des œuvres sont rehaussées d’une polychromie chatoyante par l’éclat de ses ors et de ses rouges.
A la croisée d’influences variées. Véritable carrefour commercial, la Slovaquie au XVe siècle brasse une population cosmopolite : marchands allemands, noblesse hongroise, agriculteurs slavophones. Si l’art de cette région doit beaucoup aux œuvres et aux artistes des pays germaniques limitrophes, et notamment de Vienne, des personnalités développent une création originale particulièrement bien préservée. L’exposition s’attarde ainsi sur maître Paul, actif à Levoča dans l’est du pays et travaillant au contact des œuvres de Veit Stoss, qui tient son atelier à Cracovie. De ce dernier, les réalisations de maître Paul conservent un certain idéalisme, mais se démarquent toutefois par un sens nouveau du mouvement et de la monumentalité, à l’image de l’imposante Crucifixion de Kežmarok.
Une activité artistique intense. Objets d’orfèvrerie et manuscrits donnent également un aperçu de l’intensité et de l’étendue de l’activité artistique. Monstrances, calices, chartes enluminées : autant d’objets qui frappent par leurs dimensions, leur exubérance et la qualité de leur décor, et qui sont le témoignage de la richesse économique et culturelle du pays. On peut citer par exemple l’étonnant Antiphonaire de Johannes Han, manuscrit exécuté vers 1487-1488, où différents styles se côtoient.
Premier panorama d’envergure de la période médiévale en Slovaquie, l’exposition D’or et de feu met à l’honneur un foyer artistique de premier plan dans l’Europe du XVe siècle.
En contrepoint à l’exposition des Galeries nationales, Grand Palais : France 1500, entre Moyen Âge et Renaissance, le visiteur découvre une région encore méconnue, où, à la même époque, des influences croisées font naître une expression artistique propre.