Du 19 octobre 2010 au 23 janvier 2011.
Cette exposition organisée par le musée d’Orsay, la Réunion des musées nationaux et le Getty Museum (Los Angeles), en collaboration avec le musée Thyssen-Bornemisza (Madrid), est la première exposition monographique présentée à Paris et consacrée au peintre et sculpteur Jean-Léon Gérôme, depuis son décès en 1904.
La perception de Gérôme a, durant les dernières décennies, profondément évolué en France. Longtemps stigmatisé comme le tenant emblématique d'un académisme stérile, Gérôme est aujourd'hui regardé comme l'un des grands créateurs d'images du XIXe siècle.
Cette évolution est le fruit des recherches historiographiques, au premier rang desquels il faut citer les travaux de Gerald Ackerman, l'exposition pionnière qui lui consacrée par sa ville natale, Vesoul en 1981 ainsi que les aux récentes recherches menées par le musée Goupil de Bordeaux sur la diffusion de son œuvre.
Depuis son ouverture, le musée d'Orsay a montré un intérêt soutenu pour cet artiste comme en témoignent les acquisitions de Consummatum est en 1990, de La Réception du Grand Condé à Versailles en 2004, ou du plâtre original de la Corinthe en 2008.
L'exposition, comme le catalogue qui l'accompagne, abordent tous les enjeux de l'œuvre, de ses sources à son influence. Elle souhaite donner à voir et analyser la foisonnante mise en œuvre d'une grammaire visuelle, qui pousse parfois l'obsession illusionniste jusqu'à l'étrange, et entre en résonance avec tous les arts visuels, estampe, photographie jusqu’au cinéma, alors naissant, sur lequel l’influence de Gérôme est profonde. Elle souhaite notamment faire le point et proposer des approches renouvelées sur des questions aussi diverses que la place de Gérôme dans la peinture française de son temps, sa conception théâtralisée de la peinture d'histoire, son rapport complexe à l'Orient, son usage de la polychromie en sculpture, son rapport à la référence archéologique, du mouvement néo-grec aux codifications pédagogiques déduites de ses œuvres, mais aussi comment la figure de l'artiste a cristallisé tout le combat anti-académique de la fin du XIXe siècle, et enfin, le singulier destin américain de son œuvre.