Louis Cretey, un visionnaire entre Lyon et Rome

Du 22 octobre 2010 au 24 janvier 2011.

Musée des Beaux-Arts de Lyon

Suite aux travaux de restauration du décor du réfectoire de l’abbaye Saint-Pierre, le musée consacrera une grande exposition à Louis Cretey, peintre majeur du XVIIe siècle. Soixante-dix tableaux et dessins provenant pour la plupart de collections privées mais aussi d’institutions françaises et étrangères célébreront l’artiste. Son style, poétique et expressif, délicat en même temps que profondément dramatique, fait du peintre un visionnaire, véritable précurseur de l'art moderne.

Louis Cretey, un peintre majeur du XVIIe siècle

Si Poussin et Claude Lorrain ne manquèrent jamais d’admirateurs, il fallut la patience des historiens de l'art des XIXe et XXe siècles pour redécouvrir et mettre à l'honneur l'œuvre des frères Le Nain, puis celui de Georges de La Tour.

Louis Cretey mérite une réhabilitation comparable. L’artiste dont la carrière se partage entre Lyon et Rome occupe durant la seconde moitié du XVIIe siècle un rang majeur. Mais ce qui le distingue de ses contemporains français, c'est l'étrangeté de sa manière de peindre, faite d’une exceptionnelle hardiesse du pinceau et d'une vision que l'on pourrait qualifier d’hallucinée, quels que soient les sujets, religieux ou profanes, qu’il aborde.
Entre Le Brun (1619-1690), le grand maître de Versailles, et Watteau (1684-1721), le rénovateur de la peinture française, Cretey s'impose par l’originalité de sa conception picturale et par sa modernité.

Louis Cretey, entre Lyon et Rome
Originaire de Lyon, où il est sans doute né vers 1637, Cretey s'est formé dans une famille d'artiste. Il choisit de s'installer à Rome au début des années 1660. C'est l'époque où la Ville éternelle regorge de grands maîtres rivalisant entre eux et avec l'exemple des plus éminents témoins de l'art renaissant et baroque. Lettré et avisé, Louis Cretey se constitua rapidement une réputation qui lui attira les faveurs des mécènes. C'est dans ce contexte que notre peintre forgera un style fascinant et original, puisant avec subtilité à toutes les traditions de l'art européen.

Vers 1680, Cretey choisit pourtant de revenir à Lyon, où il va rapidement intégrer le cercle de Thomas Blanchet, le plus influent peintre lyonnais de son temps. Il participe alors à deux chantiers remarquables: la décoration du réfectoire de l'abbaye des dames de Saint-Pierre, actuel musée des Beaux-Arts, et l'ancien Palais de Justice de Lyon, dit Palais de Roanne. Ces deux contributions, toujours conservées, attestent d'une maestria sans égale dans la capitale des Gaules, ce qui lui valut de nombreuses autres commandes.
Vers 1700, Cretey décide toutefois de retourner à Rome, donnant ainsi à sa carrière et à son style une impulsion nouvelle. Se régénérant au contact du dernier apogée de l'art romain, Cretey approfondit encore sa vision, en jouant de l'abstraction des formes et du clair-obscur comme un véritable précurseur de l'art moderne. Surprenante révélation de l'exposition, cet ultime volet de l'œuvre de Louis Cretey souligne encore une fois la puissance et la liberté d'inspiration de cette peinture française du XVIIe siècle, trop souvent réduite à des lieux communs comme l'académisme ou le classicisme.

L’exposition célèbrera le dernier grand peintre du XVIIe siècle qui n'ait encore fait l'objet ni d'un ouvrage ni d'une exposition. Les œuvres présentées proviendront pour la plupart de collections privées mais aussi d'institutions françaises et étrangères parmi lesquelles le Detroit Institute of Arts (USA), le palais Barberini et le musée du Vatican à Rome (Italie), le National museum à Stockholm (Suède), le Musée du Louvre à Paris.

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