Ce catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition Premières nations collections royales : les Indiens des forêts et des prairies d'Amérique du Nord, au musée du quai Branly.
L’exposition dossier regroupe de manière inédite une partie peu connue des collections du musée du quai Branly : 86 objets d’Amérique du Nord constituant les premiers documents matériels en rapport avec les premières nations du Canada et les Indiens des Etats-Unis. En replaçant ces objets dans le contexte de l’histoire des collections ethnographiques françaises notamment, l’exposition permet de prendre conscience de l’intérêt profond porté par l’Europe pour cette région du monde et la façon dont elle a préservé son héritage culturel jusqu’à nos jours.
Véritables témoins des premiers échanges entre les européens et les populations d’Amérique du Nord, ces objets ont pour la plupart été ramenés aux XVIIe et XVIIIe siècles par des explorateurs, des officiers, des commerçants ou des missionnaires anonymes en poste dans la Nouvelle-France et la Louisiane.
Recueillis par ces colons à des fins de curiosité, en souvenir de leur propre aventure dans ces lieux lointains ou en tant que preuve de la candeur artistique des peuples qu’ils avaient rencontrés, les oeuvres étaient conservés dans les cabinets de curiosité d’aristocrates et de savants et ont fait partie des collections royales françaises à partir desquelles sont nés nos musées actuels à partir du XVIIIe siècle.
Le mode de vie des habitants du « Nouveau Monde »
Costumes, ornements, armes et outils, parmi lesquels la plus importante et ancienne collection de peaux de bison peintes au monde, l’exposition met l’accent sur l’originalité des créations de groupes extrêmement variés comme la tribu naskapi du Labrador, la tribu micmac d’Acadie, les tribus huron, mohawk et abenaki de la vallée de la rivière Saint Laurent ou encore Ojibwa de la région ouest des Grands Lacs.
Ces oeuvres exceptionnelles constituent aujourd’hui un réel accès au passé indigène. Elles racontent à leur manière comment ces peuples vivaient et comment leurs vies ont été bouleversées par l’arrivée des européens dans cette partie du monde qui s’étendait de l’est du Canada actuel jusqu’à l’ouest de la région des Grands Lacs, et descendait tout le long de la vallée du Mississipi jusqu’en Louisiane.
Beauté des objets dans le métissage et aussi dans la réalisation « Premières nations, Collections royales » présente l’incroyable diversité des réalisations artistiques de ces populations montrant la complémentarité des rôles entre hommes et femmes dans ces sociétés traditionnelles, en matière de création : peaux de bisons peintes, manteaux en caribou décorés, des bijoux et parures en piquants de porc-épic ou crin de cheval. On y découvre aussi des armes illustrant l’art de la chasse et de la guerre et les objets d’échange en peau de poisson, de loutre ou plumes d’aigle, autant d’oeuvres attestant l’habilité technique, le savoirfaire et l’extrême raffinement de ces populations. L’exposition met également l’accent sur les changements auxquels les peuples autochtones ont été soumis : c’est le cas avec l’introduction d’outils et d’armes en fer (couteaux ou hachettes), en perles de verre, d’armes à feu, l’émergence du christianisme et de nouveaux marchés autour des produits indigènes. Certains objets témoignent à leur manière du processus de colonisation qui se met en place notamment les peaux de bison où l’on retrouve des décors européens.