Fasciné par le pouvoir expressif des mains, Auguste Rodin (1840-1917) les étudiera sans relâche et exprimera à travers elles toute la gamme des sentiments humains.
Des petites choses, mi-grandeur, et il n'en jetait jamais une seule... Elles étaient rangées dans des tiroirs plats... Il me les montrait et nous en prenions une ou deux qui étaient particulièrement réussies et je me le rappelle avec une petite main dans chacune des siennes, me disant avec un grand sourire: ce qu'elles sont bonnes" (Sir Gerald Kelly).
Modelées par dizaines, ces mains, toujours agiles et vivantes, sont dotées d'un pouvoir expressif étonnamment fort grâce auquel elles sont rapidement devenues autonomes: traduites en bronze et en marbre, agrandies, investies d'une dimension symboliste dans La Cathédrale ou La Main de Dieu, elles aboutirent tout naturellement à une prise d'empreinte de la main de l'artiste, quelques semaines avant sa mort: un petit torse féminin entre les doigts, celle-ci demeure l'emblème émouvant du travail de Rodin.